LES ORGUES de l’église Saint Jean Baptiste de Bagnols sur Cèze.
 
En 1701 on fait appel à Charles Boisselin, facteur d'orgues
provençal, auquel on doit notamment les orgues de St GILLES, d'Alès et
de Saint-Paul-Trois-Châteaux.
(Il est à noter que, en ce qui concerne les Orgues de la Cathédrale d'Alès,
seul le buffet est d'origine, en effet un incendie détruisit totalement
l'instrument et il fut reconstruit en 1780 par Jean François Lépine, de
Pézenas, lui aussi facteur de grand talent).
A partir de cette date, l'histoire de l'église devient inséparable de
celle de son orgue.
Celui-ci, à l'origine, est un instrument de huit pieds en montre, sans
positif de dos, avec un clavier et demi, de 48 notes et un petit pédalier à la
française. Installé sur une tribune en encorbellement, le buffet en noyer
décoré de sculptures dorées à la feuille, avec ses tourelles surmontées de
statuettes, dorées elles aussi, son esthétique était remarquable, et les
vieux bagnolais s'en souviennent encore.
vers 1840, Mentasti, facteur d'orgue italien,
s'établit à Bagnols et installe une pédale plus importante, dotée de 3 jeux,
caractéristique de la facture italienne.
En 1877, l'orgue est rénové par Vincent Cavaillé-Coll de Nîmes,
frère du facteur qui rénova à la même époque les orgues de Notre-Dame
de Paris.
 
Vincent Cavaillé-Coll modifie le plan de l'instrument et le met au goût du
jour : mécanique neuve, sommier groupant les deux claviers dans une
boite expressive.
Il garde quelques jeux et la pédale italienne, remplaçant l'anche de
16 en fer blanc par une trompette de 8 en étain. Tout le reste est neuf.
L'orgue comporte alors 15 jeux, dont 3 à la pédale, et 6 à chaque sommier.
En 1953 on entreprend des travaux de restauration de l’église.
Cette rénovation est catastrophique pour l'orgue.
L'ossature, de la tribune en encorbellement, qui supportait le buffet et
l'organiste, était en mauvais état et il était indispensable de la restaurer.
Dans ces conditions il fut décidé de reconstruire la balustrade en pierre de
la tribune du XIIème et de reculer l'orgue.
Les travaux de modification furent confiés à la maison Merklin de
Lyon.
Tel qu'il est, alors, le buffet trop grand ne peut entrer sous la voûte.
On supprime les statues ou ornements dorés couronnant les tourelles
(petits anges dorés, peut-être, jouant de la trompette, caractéristiques des
oeuvres de Boisselin), d'autres sont sciés. Il faut également entailler les
corniches des sommiers de voûte, ce qui est fait sans aucun soin.
Le buffet est éventré sur les flancs, l'arrière et le plafond.
L'ensemble est mal remonté. Pour trouver la place de la pédale à
l'italienne elle est sciée en deux et remontée à l'envers. La montre est mise
à la fonte et remplacée par un rideau jaune. Les tuyaux en bois sont
déposés par terre derrière l'orgue. Ces mutilations créent des problèmes et
la trompette de 8 ne fonctionne plus que partiellement. Sans parler de
l'acoustique, l'effet visuel obtenu est plus que contestable. Il est,
également, regrettable que les claires voies et les ornements enlevés aient
disparu.
Enfin en 1978, sur l'initiative de M. le Curé Georges Poize,
intéressé par l'orgue et amateur de musique, le facteur Gérald Guillemin,
de Malaucène, intervient.
Avec peu de crédits, il tente de rendre l'orgue jouable, dans de
meilleures conditions, en attendant une restauration complète
indispensable.
Il restaure les tuyaux anciens, recompose le plein jeu dispersé,
dépavillone, soude les entailles et procède à un accord général.
Les boiseries sont traitées, la façade reconstituée et remise à sa
place, mais la pédale italienne ne peut être remontée en raison de son état.
 
En 1985, Une Association de sauvegarde des orgues s'est créée, comme
dans beaucoup de villes en France, elle est présidée par Michel Chanard,
organiste titulaire de la paroisse. A son instigation la Municipalité lance des
consultations pour la restauration, en liaison avec l'Association et sous le
contrôle de Jean-Pierre Decavele, technicien conseil pour les orgues.
En 1996, dans le cadre de la rénovation de l'orgue, pour que celui ci
soit réinstallé dans un local adapté, la tribune est nettoyée et le sol inégal
reçoit une chape parfaitement dressée.
En 1997 l'installation électrique, pour l'alimentation de la soufflerie,
est mise en conformité avec les normes.
Le buffet de l’orgue classé est restauré en 1998 par l’entreprise FERIGNAC agrée par les monuments historiques
 
La restauration de l’orgue a été confié au facteur d’orgue Bertyl  SOUTOUL de Nimes
L’inauguration a eu lieu en 2000
 
 



Créé avec Créer un site
Créer un site gratuitement